HERITECH Forum

La fresque numérique des Grands Thermes de Châtel-Guyon (63)
4 octobre 2022

« Eau Vive » : Comment revitaliser le patrimoine historique grâce à l’art contemporain ?

L’art et en particulier l’art contemporain ne sont pas réservés aux habitants de grandes villes qui concentrent pourtant les lieux d’exposition. Pour lutter contre cette exclusion de fait, l’association de la route des villes d’eaux du Massif Central lance en 2019 un appel à projet visant à accueillir des artistes d’arts contemporain dans les villes thermales de son réseau. 

Grâce au talent et à l’imagination de l’artiste en résidence à Châtel-Guyon – Guillaumit – la façade des Grands Thermes de la ville se parent de couleur et de motifs géométriques en clin d’oeil à ses décors intérieurs riches. Plus qu’un projet d’art contemporain, un projet numérique, qui permet aux visiteurs, via leurs smartphones, de jouer avec la fresque comme avec un jeu video, en famille !

La ville de Châtel-Guyon (Puy-de-Dôme) fait partie du réseau de l’association de la route des villes d’eau du Massif Central qui oeuvre à la valorisation du patrimoine thermal afin d’en renforcer l’attractivité touristique et culturelle. Le réseau compte aujourd’hui 17 villes thermales localisées sur le Massif Central (Auvergne, Rhône-Alpes, Limousin, Midi-Pyrénées et Bourgogne). En 2019, l’association lance un appel à projets pour réaliser un programme de résidence d’artistes autour de l’art contemporain et de la valorisation du patrimoine thermal. L’objectif est alors de donner accès à la culture contemporaine dans des villes où les espaces d’expositions manquent.

C’est dans ce cadre que la ville accueille l’artiste Guillaumit afin de co-construire un projet de valorisation du patrimoine thermal à partir de son art. Spécialisé dans le motion design, il mêle son art graphique et géométrique aux animations vidéos en 2D et 3D.

Le projet s’articule autour du bâtiment des Grands Thermes*. À partir des différents décors intérieurs et extérieurs de l’édifice, l’artiste réalise des visuels contemporains inspirés de l’eau et de l’architecture des thermes.

Parmi ces créations, une grande fresque installée sur la façade du bâtiment et à partir de laquelle il développe un projet d’animation numérique qui prend la forme d’un jeu vidéo sur smartphone.

Pour ne pas impacter le bâtiment, une structure métallique est installée pour supporter la fresque. Grâce au numérique le projet d’art prend une autre dimension et devient support d’un jeu familial ou entre amis qui permet de toucher les jeunes. Si auparavant les habitants passaient devant l’édifice par habitude, la fresque colorée attire l’oeil et interroge. A partir d’un QR code, habitants et touristes peuvent télécharger l’application “Carnaval augmenté” pour voir la fresque s’animer et devenir un jeu interactif en réalité augmentée où chacun doit attraper un maximum de gouttes d’eau.

L’objectif du projet est avant tout de capter l’attention des jeunes de la ville pour qu’ils s’intéressent à ce bâtiment qui fait partie de leur patrimoine. Des animations scolaires ont lieu pour sensibiliser et toucher toutes les générations. Le numérique permet de donner une nouvelle dimension d’appropriation du projet et des lieux en intégrant l’art contemporain.

L’inauguration de la fresque numérique a lieu à l’occasion de l’ouverture du Festival International d’Arts Numériques de Clermont-Ferrand en mars 2020. Le projet s’inscrit dans un programme de médiation culturelle qui s’étendra sur le parc thermal et la place Brossons. Projet symbolique, il est le dernier avant que les Grands Thermes ne soient plus propriété de la ville.

Un peu d’histoire

Contrairement aux autres villes thermales, la ville de Châtel-Guyon ne s’est pas développée autour d’une source d’eau romaine mais autour de la colline du Calvaire. Autrefois le château du Comte Guy II d’Auvergne trônait sur la colline et les paysans venaient y chercher protection. A la suite de nombreux conflits, le Roi de France déposséda le Comte de son château qui tomba peu à peu en ruine avant d’être détruit. Ce n’est que bien plus tard qu’on découvrit les propriétés thermales des sources d’eau situées à proximité. Les paysans venaient y soigner leurs bêtes. 

C’est en 1817 que les premiers bâtiments thermaux voient le jour dans la ville portant le nom des établissements Brossons du nom de leur propriétaire. Les Grand Thermes viennent les remplacer dans les années 1900 avant d’être remplacés eux aussi par les Thermes Henry. Les anciens thermes sont fermés au public et accessibles seulement quelques jours par an.

Et vous, quels sont les patrimoines de votre territoire ? De quelle manière sont-ils mis en valeur ? Pour faire de vos patrimoines un levier de développement de votre territoire, rejoignez-nous le 5, 6 et 7 octobre 2021 au forum HeriTech !



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